Claire Cohen Lachiver


Artiste française, Claire Cohen Lachiver vit et travaille à Mérindol.

Elle développe une œuvre photographique et sculpturale sur le

détournement de la nature morte.

Prétexte à raconter des histoires, des histoires de fruits et de légumes.

Utilisés comme métaphores d’êtres humains, ils n’exhibent

qu’eux-mêmes, pour la jouissance de la main qui les a installés,

puis photographiés ou moulés et de l’œil qui en goûte la vision.

Des objets du quotidien transcendés, des choses banales

transfigurées. Les natures mortes de l’artiste ont quelque chose

à voir avec la vie sensuelle et la finitude, elles nous ramènent à

la matérialité de notre vie, souvent avec un certain amusement,

voire de l’insolence. L’apparente stabilité des choses ne cesse de

vaciller. Les œuvres laissent notre regard dans l’hésitation, dans

l’incertitude de ce que l’on voit et de ce que l’on pense

comprendre. Donner à voir autrement pour révéler le sens caché

des choses. En amenant le spectateur à regarder différemment,

les photographies,les sculptures et les installations l’incitent

à la méditation, à questionner son existence et son être. Il y a du

difficile et du drôle, de l’ironique, du beau, du sensuel dans le

répugnant, de l’esthétique dans le triste.

Ce qui est, ce qui a lieu là, l’artiste l’accepte. Le temps qui

passe et détruit. Le temps qui se désagrège. Le temps qui ramollit.

La poire moisie. Des fruits putréfiés. Une coque fossilisée.

Hymne à la beauté étrange de la réalité. Elégance des matières et

de la lumière. Ambivalence du fruit. Corrompu par la beauté ou

révélé par la laideur ?

Obsédée par la conservation des choses, l’artiste tente de sublimer

la mort depuis la vie par l’exploration des liens intimes qui les

unissent.

En racontant des histoires…

Et la poire passa l’arme à gauche… Y la pera dobló la esquina…